jeudi, décembre 14, 2006

LA SEMANTIQUE AU SERVICE DE LA LIBERTE





















Vendredi dernier, trente-quatre détenus se sont évadés d'une prison de République démocratique du Congo (RDC), faisant valoir à leurs geôliers une libre interprétation du discours d'investiture de Joseph Kabila qui avait promis que les prisons seraient "ouvertes" aux fauteurs de troubles.

"J'entends avertir que les prisons de l'Etat seront ouvertes à tous ceux qui se mettront en travers de la loi", avait déclaré le chef de l'Etat le 6 décembre dans un discours d'investiture emprunt de fermeté, après son élection au second tour de la présidentielle du 29 octobre.

Le jour même, 34 détenus de la prison de Kikwit (ouest) ont exigé, après avoir écouté le discours du président à la radio nationale, de pouvoir bénéficier immédiatement de cette exceptionnelle mesure de "grâce présidentielle", a rapporté la radio Okapi, parrainée par l'ONU.

Les prisonniers ont eux-mêmes ouverts les portes de la prison, avec la complicité passive des policiers affectés à leur garde, visiblement perplexes après le discours présidentiel.

Vendredi, six policiers ont été condamnés pour avoir facilité l'évasion des prisonniers ou pour complicité par le tribunal militaire de Kikwit, écopant de peines allant de 11 et 10 ans pour deux policiers et de un an d'emprisonnement pour les quatre autres.

Un caporal condamné à 10 ans a vu sa peine alourdie d'un an pour "dissipation de munitions": il avait tardivement réalisé l'imposture et gâché des munitions de l'Etat en tirant en l'air pour tenter de dissuader les prisonniers de s'évader.

Les heureux "graciés" se sont quant à eux fondus dans la population de 500.000 habitants de Kikwit et n'avaient pas été retrouvés samedi.

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