lundi, septembre 18, 2006

NOTES DE LECTURES



Lecteurs de Paolo Coelho, Tahar Ben jelloun, et autres écrivaillons mondains et moderés, passez chemin... vous risqueriez de vos brûler les pieds.
Casablancasylum compte enfin ses premiers lecteurs, et parmi eux, un anonyme qui me suggérait une rubrique littéraire. Soit... l’idée ne me déplait guère.
La Matrice (notre matrice, la Grande Matrice Maroco-musulmane) compte inévitablement quelques poches de résistance, vacillantes et incertaines certes, mais en perpétuelle régénerescence.

Aujourd’hui : les fondateurs.

I. Le Sous-Commandant Eddine.

Eddine, Mohammed Khair-Eddine. Berbère du Souss (région d’Agadir) alcoolisé à souhait, passé par la France de De Gaulle pour revenir s’échouer, bohémisé sur un zinc du vieux centre-ville de Casablanca, dynamiteur hors pair, artilleur du verbe, mort hélas beaucoup trop tôt, broyé compressé par le plomb de la Matrice.
Extrait de son livre “Le Déterreur”
“Tout le pays tombait en ruines étincellant par-ci par -là de scolopendres savamment disposées autour des palais et des villas, mais personne ne s’y méprenait, cette rutilance criarde était le symbole du martyre infligé au peuple. On tenait les femmes loin de toute activité sociale, on fermait les épiceries buvettes interdiant ainsi la consommation d’alcool aux chômeurs aigris, mais le whisky et le champagne coulaient moelleusement dans le gosier des inquisiteurs et des juges, on s’endettait sans rien produire, les usines déposaient leurs bilans les unes après les autres, seuls prospéraient et proliféraient le tourisme de luxe, la luxure de classe, la haine du dépossédé, le mensonge et la répression.”

II. Le dissident déserteur Chraïbi.

Fin d’adolescence, Chraïbi quitte la Matrice et l’attaque de front dans un ldes livres désormais admis comme un des plus grands romans maghrébin : Le Passé Simple.
Extrait :
“Je comprends tout à coup pourquoi les bourricots se mettent parfois sur le dos. Ils apaisent ainsi les démangeaisons de leur échine, certes. Ensuite, demeurent dans cette position, immobiles, des heures. Le ciel est au-dessus d’eux, où leurs yeux se perdent. si leurs sabots pouvaient s’y imprimer, dans cette voûte de bleue innocence, qui deversent sur leur dos de bourricot, une vie de bourricot durant, une continuité de soleils”.

Ici, on l’aura compris, on est loin de la littérature pour européens en mal d’exotisme, veine favorite de notre Tahar Ben Jelloun national, qui n’en finit plus d’y injecter romans après romans. Ici le travail est souterrain, la création intestine, et le résultat atomique. Les romans de Khair Eddine, autrefois censurés sont maintenant disponible au Maroc. Chraïbi n’a jamais été interdit et publie encore aujourd’hui, des romans satiriques stratégiquement recommandés (dont l’incontournable “une enquête au pays” !!).

2 commentaires:

Anonyme a dit…

On attend un peu de positivisme ou de propositions...
Loin de l'observation béate de la situation mais sans pour autant verser dans le dénigrement total.
La Maroc n'est quand même pas d'un seul tenant!
Evitons de trop saper le moral: il faut de la critique mais pour s'améliorer.

antiphon a dit…

Décidement ici on a du mal avec la critique, je veux dire à la rédaction ici. Qui parle de proposition et de positivisme ici? C'est une fucking fiche de lecture man, on me demande des notes de lectures je m'exécute, baraka. Tu aurais préfèrer un résumé du dernier Marc Levy?