jeudi, février 08, 2007

GREAT BALLS OF FIRE
























Relaxe toi lecteur, respire... détend toi, C'est ça... ferme les yeux.
Voilà tu peux les rouvrir, et si notre machine à remonter le temps fonctionne correctement tu es maintenant en 1934 quelque part dans la banlieue de Dublin, à Rathfarnham si tu veux tout savoir. C’est ici que le vieux poète irlandais William Butler Yeats se morfond, vieilli, usé et par dessus tout totalement impuissant, du point de vue sexuel j'entends (merde tu devrais nous connaitre). "Mes vers se retournent froids et cérébraux, écrit-il à l’un de ses amis, tout le désir et la lascivité qui émanaient de ma poésie se sont dilués".
Quelques semaines plus tard, le même ami le convainc de quitter sa suburb pour s’essayer, en toute discrétion, à une opération chirurgicale censée lui restituer la vigueur sexuelle de son adolescence.


En avril 1934 Yeats, Prix Nobel de Littérature, est opéré des testicules dans une sombre salle d'opération de Londres. Miraculeusement, en septembre de la même année, on retrouve notre versificateur vigoureux comme un jeune bonobo et prêt à entrer dans la période la plus créative que son existence. On lui prête même une liaison avec l'actrice Margot Ruddock, de quarante ans sa cadette.
Ah tu sourcilles tu gigotes devant les radiations improbables des pixels de notre Casablancasylum… mais attends, patience, tu n’as encore rien lu…
L’opération Steinach, du médecin du même nom, n’a pas séduit que le poète, on compte aussi parmi ses thuriféraires, un romancier (nobélisé également) Knut Hamsun, et, cerise sur notre gâteau du jour, l’illustre Zigzigmund Freud, psychiatre de son état qui finit lui aussi par baisser son pantalon dans la salle d'op du docteur Steinach. Le procédé inventé par Steinach est assez conventionnel comparé à celui qu'on s'apprête à vous dévoiler dans le paragraphe qui suit, pour l'instant il s'agit seulement d'une sorte de vasectomie censée affecter positivement le processus naturel de vieillisement. Une ligature des canaux déférents (canaux qui permettent aux spermatozoïdes de sortir de chacunes des testicules et de rejoindre la prostate). "Le coeur est rendu plus fort, la musculature se renforce, explique Steinach, la marche est ferme, droite, et le rêve est restauré"


Ah ce moment précis, la rédaction du Casablancasylum, plus encline à la contemplation des araignées perdues sous ses plafonds qu'à la rédaction de posts longs et décourageant pour le lectorat, la rédaction donc se dit qu'elle a fait son travail, que le lecteur en a eu pour sa journée, et qu'avec ça il pourra briller à son repas d'entreprise de midi. Mais non, évidemment on peut encore aller un peu plus loin, histoire de bien enfoncer notre clou, et de rappeler à notre lectorat qu'on a connu des époques d'expérimentations rococoesques qu'on aurait du mal à reproduire aujourd'hui, tout du moins certainemet pas dans notre occident légalisé, pasteurisé, super-secure, petite planète contemporaine et frileuse.


Voronoff ça te dit rien évidemment, triste sir que tu es, lecteur. Allez ne dis pas que tu n'aimes pas quand je te malmène ainsi... n'est-ce pas? Lubrique animal passé sous la guimauve de l'abrutissement-spectacle.
Passons! Va assouvir tes passions masochistes dans un espace spécialisé ou va te prendre une bonne rasade de tisane cathodique, ici aujourd'hui c'est de médecine qu'on traitera.


C'est en observant les oenuques en Egypte que Voronoff connu l'illumination. Il tira de leur fréquentation la certitude que l'émasculation produisait chez ces derniers une décadence physique comparable à la vieillesse.
Alors quoi? Les testicules comme centre énergétique de l'homme, le dernier chakra, le plexus solaire serait-il en réalité logé au fond de mes bonbons? Mais c'est énorme, encore plus gros que l'histoire du Saint Prépuce (pas mal aussi celle ci mais vous n'aurez qu'à la lire ailleurs).
De retour en France, Voronoff se lance donc sans plus attendre dans la transplantation de testicules de singes. La demande est telle qu'il projette de construire un grands parc rempli de chimanzée et autres babouins pour maintenir l'approvisionnement.


Pendant l'opération Voronoff place parallèlement le patient et son singe sur les tables d'opération, extrait les glandes du singe et les greffe dans les testicules du patient. En quelques semaines les tissus du singe sont absorbés et les hormones commencent à couler. "La vue est plus aïgue, les cheveux croissent" remarque Voronoff.

À Londres, Voronoff monte des expositions montrant des photographies de ses patients avant et après les opérations. Des octogénaires déconfits caramélisés, en état de décomposition avancé, qui de se transforment rajeunissent étrangement, pratiquent sport et équitation.


Et comme on fait dans le diplome suédois ce soir, on terminera avec un dernier palmé, le nommé France, Anatole, qui se présentera a 61 années à la porte du médecin, dans un état qu'on connait évidemment lamentable. Voronoff lui greffe alors un de ses best-sellers, les testicules d'un singe cinocéphale énorme. Vingt trois jours plus tard, selon Voronoff, Anatole France il lui rapporte sa première érection après plus de dix années de disette.

2 commentaires:

Omer Simpson a dit…

Test micro...1 - 2...1 - 2...

imane a dit…

t'as oublié un gros avantage, ça te fait un mec qui en a, mais qui a perdu l'habitude de se les gratter..:))