samedi, juin 23, 2007

THANAT(ER)OS


Prendre ta libido à bras le corps, lecteur, y insuffler suffisamment d'hydrogène androgyne pour la voir flirter avec l'instabilité des gaz, la laisser tendre vers l'azur, monter, monter et s'embraser comme un zeppelin sur le ciel new-yorkais.
Pour ce, ton Casablancasylum préféré fera feu de tout bois, à commencer par cette info repérée ce matin sur le site de l'agence Reuter : le making of du calendrier 2008 des femmes de fermiers.

et pas n'importe lesquelles, mes frères et mes soeurs : des bavaroises à bretelles!!!


Rassure toi lecteur, ceci n'était qu'une mise en bouche. Les mécanismes déglingués de ton corps machine à désirer ne me sont pas étrangers, et je te sais beaucoup trop subtil pour succomber aux plastiques laitières de ces dames de basse Bavière.

Les qualités, écrivait Léautaud, sont du domaine de tout le monde. Les vices seuls marquent la personnalité. I repeat : les vices seuls marquent la personnalité. Hissant haut ses vices, nous accosterons une fois encore sur les rives du Monde Flottant, et ce sous la plume d'Agnes Giard, journaliste spécialisée dans les contre-cultures, le Japon et l’art déviant.
Sa dernière production, L'imaginaire Erotique au Japon, ouvrage structuré en courts chapitres -chacun consacré à un fantasme spécifique, de l'amour des petites culottes usagées vendues en distributeur automatique au culte des poupées maléfiques qui disent le sexe de la mort, des vidéos érotiques de seppuku à la question sociétale des strip-teases, de l'angoisse nationale de la castration à l'inflation des gadgets sexuels tel que le sexe jetable à déflorer, de la presse transgressive kitsch pour lycéennes aux bars à fellation.



Extrait :
"Au Japon, les fantasmes érotiques et les apparences fluctuent, dans une culture qui depuis des millénaires valorise la notion d’impermanence. Au Japon, l’identité des êtres est transitoire, le plaisir est fugace, la logique est floue, le réel est virtuel, la beauté est mortelle… par essence. Quant au sexe, il est protéiforme, polymorphe et pervers. Il s’est imprégné de cette tradition qui prête à chaque chose une âme : homme, femme, papillon, pierre ou fleur, tout dans ce monde japonais, bouddhiste et shinto participe d’une universelle propension à faire l’amour de toutes les façons possibles. C’est-à-dire plus avec le cerveau qu’avec les organes génitaux. Il ne semble y avoir aucune barrière aux fantaisies érotiques dans ce pays qui ne connaît pas le système binaire, dans ce pays qui n’oppose pas l’homme à la femme, ni le mal au bien. »

Et pour que le second sexe n'aille pas médire sur le Casablancasylum l'accusant de sombrer dans le plus vil des sexismes, l'équipe de rédaction rectifie immédiatement le tir et vous laisse, demoiselles et mesdames, succomber aux bras protecteurs de notre mascotte à nous :

4 commentaires:

Lato sensu a dit…

Thanatos et Eros !! more death! more sex!

O.B a dit…

Sais-tu ou peut-on commander une poupée gonflable maroco-japonaise sensitive ?

kb a dit…

De thanatos à eros, malgré la rime, difficile quand même d’arrimer la chose sinon par le sexe point de fusion des deux.
C’est le plus souvent la nuit que les âmes s’ouvrent au charnel. La nuit, mère de thanatos l’ennemi du genre humain qui contradictoirement pousse l’antagonisme du féminin au masculin à célébrer leur haine respective par le plaisir jusqu’à l’amour….de quoi perdre son grec à défaut de latin :))

Antiphon a dit…

so nice to find some readers...
Le bien et du mal comme de tout autre dualité, ça n'existe que dans le cadre strict du relatif, du conditionné, de l'illusion... mais pas du point de vue de l'absolu. Bien et mal, comme tout autre concept, tout autre construction, ne sont que des concepts vides en réalité absolue. C'est en tous cas dans cette appréhe,sion des choses que les japonais évoluent, et leur sexualité n'en est qu'un reflet parmi d'autres. On a donc dépassé le stade la fusion dont tu parles kb, on est dans l'annihilation.
ça va latomique sensusdessous?