vendredi, septembre 28, 2007

BAIN DE MER


On raconte qu'au moment où les Corinthiens s'apprêtaient à tenir un siège et en effectuaient les préparatifs, Diogène roulait sa barrique, ajoutant à la débacle, sans faire quoi que ce soit d'utile, mais singeant la précipitation et le sérieux des hommes affairés, se riant de leur myopie mentale. Incroyable, effroyable capacité de notre race humaine à se prendre au sérieux...


Le sérieux, une valeur universellement partagée


Les leçons de Diogène coulent comme du chocolat chaud dans les veines du grand Casablancasylum, organe parasitaire au service de la destruction des illusions humaines... ô trop humaines....

Ainsi donc et, fidèle à notre ligne éditoriale nous n'aborderons pas le thème du Ramadan 2007, long mois de solitude pour le français vivant au Maroc. Long mois pendant lequel l'étranger pourra à loisir apprécier sa radicale "étrangeté", sa condition de paria, d'ostracisé.

Nous ferons également l'impasse sur l'incontournable "Comment ramasser un max de thunes au Maroc" et n'aborderons pas non plus le problème des femmes mauritanniennes que l'on gave comme des canards à foie gras pour qu'elles soient grasses et en accord avec les canons de la beauté de cette province sablonneuse. Rien non plus sur la démocratisation, l'illetrisme ou les dernières élections au Maroc.

Au lieu de ça, une simple invitation. Respirez, détendez vous, et dirigez vous vers la plage la plus proche. Assis sur le sable, restez-y une bonne heure, les yeux dans les vagues, à réciter ces phrases intemporelles :

On a dit : "les yeux dans les vagues" !

"Vieil océan, ta grandeur matérielle ne peut se comparer qu’à la mesure qu’on se fait de ce qu’il a fallu de puissance active pour engendrer la totalité de ta masse. On ne peut pas t’embrasser d’un coup d’œil. Pour te contempler, il faut que la vue tourne son télescope, par un mouvement continu, vers les quatre points de l’horizon, de même qu’un mathématicien, afin de résoudre une équation algébrique, est obligé d’examiner séparément les divers cas possibles, avant de trancher la difficulté. L’homme mange des substances nourrissantes, et fait d’autres efforts, dignes d’un meilleur sort, pour paraître gras. Qu’elle se gonfle tant qu’elle voudra, cette adorable grenouille. Sois tranquille, elle ne t’égalera pas en grosseur ; je le suppose, du moins. Je te salue, vieil océan !"

Lautréamont : Les Chants de Maldoror - Chant I, Strophe IX.

jeudi, septembre 27, 2007

MOU DU BLOG


L'avantage d'avoir un blog qui compte trois lecteurs c'est qu'on peut à loisir, satisfaire nos penchants pour la médisance et la diffamation.
Ainsi alors que le blog de Laurent Bervas s'étoffe de nouvelles plumes et aligne en haut de page quatre ou cinq tronches de premier de la classe, le Casablancasylum lui, compte bien rester collé au radiateur, en fond de classe, à perturber cette petite société de jeunes loups aux dents longues.
Pour reprendre avec nos activités, et alors que sur le Casawaves, Marie-Aude, nous livre un billet passionnant sur... la harira...
Le Casablancasylum lui, offre aujourd'hui à ses lecteurs, un manuel vidéo sur l'utilisation d'une poupée gonflable.

dimanche, septembre 09, 2007

ROCOCO MOROCCO


Au Casablancasylum on aime les théories improbables, les affirmations fumeuses et ici ce soir encore nous marchons sur des oeufs, proposant sans complexe à notre fidèle lectorat planétaire un paralèlle entre la modernité à l'occidentale (dite "classique") et la modernité version marocaine (dite "rococo").
L'idéal classique est fondé sur deux valeurs universelles et fondamentales: l'ordre et la raison. Le Rococo quant à lui se démarque du classicisme par un enrichissement décoratif particulièrement chargé, exubérant, quintessencié.
Et ainsi en va-t-il également de la modernité. Déclinable en mode classique, baroque ou rococo.

On ne peut pas vraiment dire que le Maroc ait absorbé ou intégré le style de vie occidental. Il serait plus juste, plutôt que de parler d’absorption ou d’intégration, d’avancer tout de suite le mot : accentuation. Car on est ici confronté à une involontaire théâtralisation de l’occident contemporain. Et Casablanca dans sa modernité, nous apparaît parfois comme la version rococo du monde occidental. Le rococo entendu ici, nous le rappelons, comme style du débordement, de la surcharge aboutissant à un spectacle exalté et éblouissant. Le baroque et son goût pour l’ornemental et la mise en scène.
Le Mâarif est la perle rococo-chic du Maroc. Sur le trottoirs, de petites paysannes berbères à peine descendues de leurs montagnes paradent dans des vêtements de boite de nuit, comme sorti d'un clip de Snoop Dog, les yeux dissimulés derrières des lunettes imitations Christian Dior, on les prendrait presque pour des V.I.P. Le mâle lui, campe dans une version tout aussi rococo de la masculinité, tout en excès, tournant parfois dangereusement vers le burlesque à moustache.
Si le comportement était musique, la frime en serait le mode rococo. Et Casablanca la capitale nécessaire.
Postulat premier : le monde est un immense théâtre, un théâtre à ciel ouvert.
Postulat second : le théâtre est un monde d’apparences et de costumes trompeurs, un monde d’illusions
Conclusion : avec sa parfaite dramatisation et son souci de l’accentuation, la société casablancaise est le modèle le plus abouti du théâtre, même si son spectacle tourne parfois au cirque de foire.

LOLA RASTAQUOUERE OU ELOGE DE LA FEMME MAROCAINE


Le lecteur européen perché haut sur ses préjugés pourrait croire que, vivant au Maroc, on sort du champ des apparences et des phénomènes de mode comme ceux qu'on peut quotidiennement contempler sur la scène du grand théâtre du nord. Que néni, bistouri. Pas du tout, roudoudou. Si la modernité était musique l'Europe ressemblerait de plus en plus à une marche militaire et le Maroc à une symphonie de Monteverdi. Nous l'avons déjà vu précédemment, le Maroc est la version baroque de l'occident, la version technicolorisée, tridimentionnalisée, amphétaminisée du sociodrame européen, un opéra bouffe débraillé, bruyant, gargouilleux. C'est l'odyssée de l'excès, et dans les métropoles, comme ici à Casablanca, on peut à loisir observer l'homme surjouant son rôle de mâle dominant, et la femme de son côté surinterprétant de plus belle, campant sur son strapontin, french manucure, jeans-taille basse, brushing et balaillage, gemey, rouge, the devil wears Prada... c'est quoi ça d'ailleurs? un manuel de sciences sociales wahhabite?

portrait de l'homme résistant à l'émancipation féminine

Dans les 2500 ans de vie qui nous ont été accordé, à moi et mes sursinges collaborateurs ici à Casablancasylum, et qui d'ailleurs touchent à leur fin, dans ces 2500 ans de vie disions nous, nous avons eu l'occasion de dormir sous une multitude cieux et d'y fréquenter un nombre assez plantureux de femmes. Nous connaissions la femme française, ses glouglous de névrose, ses désirs de respectabilité et tout son fatras d’obsessions, l'américaine, à peu près tout aussi névrosée, avec ses fantasmes de barbie et sa vulgarité rose bonbon. Sans oublier l’anglaise, voluptueuse à tendance alcoolique, aussi imprédictible que la météorologie de son île. Mais comment imaginer ce qui nous attendait ici ? La femme marocaine. Et là, à la simple évocation de ses mots, notre main se fixe tétanisée par le déluge d’images et de parfums qui s’abat sur tout notre champ de conscience. La femme marocaine, la femme arabe ode à la vie, poème épique, allegretto roucoulant chantant la chair et l’amour. Comme on est loin du césarisme de la minceur version parisienne, et de ses exigences anguleuses. Oui, on a pas peur de le dire, la française a la fesse triste, la parisienne se dessèche, corps et âme. On pense même ici à monter une cellule de soutien au remplumage de la française. JOIN NOW! and get a free bonus t-shirt on www.feedthechicks.com
Et l'homme dans tout ça, le casablancais, qu'on connait bien ici... bah on lui dédiera une tribune entière et méritée, un de ces jours.

MAROC : MATRICE NORD-AFRICAINE


L'été touche à sa fin mais celà n'empêchera pas les macaques enfièvrés du Casablancasylum de vous balancer quelques rediffusions : une modeste selection des anciens articles fondateurs de la pensée du Casablancasylum.

Aujourd'hui le Concept de "La Chouma"

Prenez un européen, trempez le dans le Maroc. Il flotte! Génial. Laissez le barbotter un an deux ans quatre ans et ressortez-le de son bouillon, installez-le dans un canapé confortable, et interrogez-le. Qu'a-t-il appris, que sait-il vraiment du caractère, de l'âme marocaine? Une brousaille d'observations, de souvenirs, d'instants fuyants, mais rien de bien clair.
Perplexe, il vous regarde moitié rêveur, normal : il a vécu dans la Matrice.
La Matrice est pouvoir et contrôle, la matrice est orwelienne, invisible et affecte tout le corpus social. Parlons ce soir des relations humaines car j'ai là un exemple parfait et loin d'être marginal. Mon propriètaire, MRE toujours gai comme un pinçon, bavard et rieur est arrivé à Casablanca ce matin, et il est venu seul. C'est une première puisqu'il m'avait toujours habitué à le voir en binôme avec sa femme, berbère toujours gaie, bavarde comme une pie et rieuse. Un couple sympathique, pour ne pas dire parfois comique mais en définitve très attachant. Il a donc laissé sa femme chez eux dans le sud du Maroc en dessous d'Agadir, territoire berbère à 80% voir plus où, lorsque vous commencez un peu à discuter un peu avec un épicier ou un chauffeur de taxi vous vous entendez dire "ah oui nous, les arabes, on les aiment pas", ici commence le grand sud, le pays des saharaouia ces femmes marocaines descendantes des tribus tchadiennes, noires de peaux et circulant dans leurs voilages bariolés de couleurs pastelles, un délices de mauves et rose souris.
Mais revenons à Mr H. Nous sortons mangez sur la route de Tamaris et avant de descendre vers le jardin du restaurant je demande à au gardien de parking si on peut acheter des cigarettes et voici mon happy-proprio qui me lance "mais j'en ai moi! j'ai un paquet!" En deux heures de repas il en fume 6 ou 7 et j'ai beau remuer mes méninges je ne me rappelle pas l'avoir déjà vu allumer une cigarette. La raison, tout simple : Mr H. ne fume pas devant sa femme. Après 35 ans de mariage trois enfants deux maisons et tout ce vécu partagé, Mr H. cache à sa femme une manie qui semblerait, aux yeux d'un européen, parfaitement anodine et en regardant le sexagénaire griller ses blondes je me revois ado, planqué derrière le batiment d'EMT du lycée, goutânt aux premières joies de la fumée et de l'interdit.
Le concept de "chouma " (traduisez "la honte") est une forme de bienséance, de code de bonne conduite qui modèle, contraint et oriente le comportement des marocains, et l'un de ces codes qui d'ailleurs naissent d'on ne sait où (les cigarettes existaient-elles au temps de Moise, de Jésus ou de Mahommet?) prescrit de fumer devant ses proches. J'avais déjà constaté la chose chez pas mal d'amis marocains (trentenaires liberés) qui lorsque je les voyais avec leurs parents me prenaient à part pour me chuchotter "ne me prosose pas de cigarettes devant mes parents, ils savent pas que je fume!" et je ne m'en étais pas étonné, comprenant naturellement le respect des ainés et tout le toutim mais Mr H...
Manque de transparence, codification ultra-rigide des comportements? Les occidentaux vivent dans des societés post-religieuse mais si l'on en revenait à un radicalisme comme celui dans lequel vécu Copernic par exemple, et que le clergé se refaisait monstre tyrannique, nous serions nous aussi soumis à cette abondance de codifications existentielles, alimentaires, comportementales, rituelles et autres. Mais de Tanger à Tan-Tan, les codes s'exercent encore, et chacun doit savoir qu'il lui faut toujours obéir, se conformer, faire comme il faut, comme la religion nous y invite.
Ces codes, ces prescriptions et ces interdits, ces lois, cette logique du licite-illicite, forme une matrice dans laquelle l'homme évolue, la matrice est partout elle enveloppe tout le pays jusqu'en Iran, et la matrice fausse la vision de l'européen par sa complexité et des dédales de couloirs trop étroits. Elle génère toute sorte de mirage. Elle est mirage.
La nuit est déjà bien avancée, le royaume à réduit sa fureur et les lumières s'éteignent, la matrice, elle, est en mode ronronnant. Fin de communication.

mercredi, août 29, 2007

BLACK HOLE SUN



Hep hep lecteur... saches que si l'on met sur notre Casablancasylum des liens vers d'autres esprits frondeurs, c'est que le voyage vaut le détour. Alors pour ceux qui n'auraient pas la bonne idée de suivre Amine et les aventures de son Label Ash, voici les dernières frasques de notre héro. Nous on en redemande !

"Cela fait 4 ans que je suis à Barcelone mais je n’étais encore jamais allé au consulat du Maroc ici. Mon passeport expirant dans quelques mois, ce fut donc l’occasion de m’y rendre enfin.
Le site web du consulat, plutôt bien fait, mentionne clairement: “El consulado se encuentra en el número 91 de la Calle Béjar, perpendicular a la Estación Sants”
J’arrive à l’adresse en question. Rien, pas de panneau, pas d’interphone, pas de consulat. Je me renseigne au commerce attenant à l’adresse indiquée.
« Pero coño me lo preguntan cada día. Estos inútiles se fueron de aquí hace dos años y aún no han actualizado su dirección en su portal Internet ! » (Mais bordel on me le demande chaque jour ! Ces abrutis sont partis d’ici il y a 2 ans et ils n’ont toujours pas actualisé leur adresse sur le site Internet !)
Il m’indique une autre adresse, j’y arrive vers 8H30.
Un longue queue de 25 mètres environ longe le bâtiment. Assez désorganisée. On ne sait pas vraiment où elle termine ni où je dois me positionner. Je la remonte jusqu’à la porte d’entrée pour voir s’il y a plusieurs guichets, et là surprise, une autre queue venant en sens opposé. Une queue de femmes uniquement. Je me retourne et scrute la première. Que des hommes. Une queue pour hommes, une queue pour femmes. Et puis je me mets à compter, déformation professionnelle. 73 hommes dans la première dont 27 barbus avec presque tous une gandoura blanche, 29 femmes dont 18 voilées dans la seconde. Je repense d’un coup aux plages islamistes au Maroc. Ma logique illogique me pousse à me positionner dans la file des femmes, elle est plus courte.
Un groupe de 3 barbus me fusille du regard, je prends un malin plaisir à les fixer sans ciller.
9H00. La porte principale du consulat s’ouvre enfin. Un beau moustachu, bon petit ventre en forme de luth inversé, en sort, donne le dos aux hommes, et invite les femmes à rentrer.
Je suis en fin de queue, suit les femmes qui rentrent et me trouve nez à nez avec le moustachu. Il a des miettes de croissant sur la moustache et les sourcils en éventail.
« Wa ta chad ssaf » (Va faire la queue »)
- Rani fsaf (je la fais)
Il me montre le plombage de sa prémolaire droite dans un beau bâillement, et me dis agressivement.
« Wa ssaf dial rjal, machi hada fih ghir la3yalate » (La file des hommes, pas celle-ci, il n’y a que des femmes).
Là je monte les décibels et lui dis qu’aucun consulat ni administration ne fait une queue pour hommes et une autre pour femmes. Il m’ignore et se retourne pour faire rentrer l’autre file masculine, je m’interpose et lui dis que je rentre avec les femmes, étant dans leur file qui est entrée en premier (je sais je suis têtu).
Un des 3 barbus suscités vient me voir, l’air menaçant.
« Malek nta baghi tnowadna fdiha, wach 7na bnadem wla hayawan bache tkhalto hakake m3a l3yalates » (Qu’est ce qui te prend à nous faire un scandale, sommes-nous des humains ou des animaux pour nous mélanger ainsi avec les femmes » ?).
Là je sens désagréablement mon sang monter en flèche du talon à la nuque, je serre instinctivement le poing droit et me force à garder le bras bien tendu vers le bas. Je le regarde fixement et hésite longuement. Lui cracher au visage, lui mettre un coup de boule en plein nez, détendre mon bras et laisser mon poing remonter ? Je me force à me calmer. Je continue à le regarder. Ma haine doit être visible. Un jeune d’une vingtaine d’années vient me saisir par le bras et me pousse lentement vers le bout de la queue masculine (pardon pour le mauvais jeu de mots).
« Khouya, bered, makayswawch hado, bered wla ghat jbed lrasek machakil bla fayda » (Mon frère, garde ton sang froid, ils n’en valent pas la peine, calme-toi où tu vas t’attirer des ennuis pour rien).
Je me calme, et puis je pense à cette échéance du 7 septembre. Aux barbus. A l’abstention. Au PJD. Je me situe aux antipodes des idées de ce parti dont l’idéologie ne peut qu’obérer le développement du Maroc moderne auquel je rêve, celui qui se construit en ce moment.
Ce parti.
Qui ne devrait pas en être un. Un « parti religieux » est pour moi un anachronisme, un hydre politique liberticide et source de toutes les dérives.
Une fois entré dans le consulat, c’est encore pire. Il y a quatre files. Trois d’hommes, une de femmes. Un fonctionnaire du consulat se promène d’une file à l’autre et précise à qui veut l'entendre: la première pour les passeports et les cartes d’identité nationales, la seconde pour les légalisations de signatures, la troisième pour les immatriculations consulaires, la quatrième… pour les femmes (sic!). Les femmes sont devenues une catégorie administrative consulaire.
Dépit et dégoût, c’est ce qui me vient à l’esprit à ce moment-là.
Les barbus ont-ils déjà gagné ?

Mon moustachu vient me voir.
« Makayne mouchkil (il n’y a pas de problèmes), nous sommes obligés de nous organiser comme cela, vous comprenez Monsieur »
- Non je ne comprends pas, depuis quand sépare-t-on les hommes des femmes ? Il n’y a que dans les mosquées et les hammams que l’on fait cela chez nous…
« Nous l’avons fait pour nous adapter à nos ressortissants, c’est eux qui n’aimaient pas se mélanger entre eux ».

Les barbus ont-ils déjà gagné ?
...
- Au fait, vous savez que sur le site du Consulat, c’est toujours l’adresse de la Calle Béjar qui est indiquée ?
« Oui il paraît, il faudra leur dire à Rabat »

Il faudrait leur dire beaucoup de choses sur ce consulat à Rabat."

HMAR OU BIKHEER


Au Casablancasylum on voudrait cesser toute forme d'activité pour se consacrer corps et âme à la réhabilitation du Hmar. Ainsi dans le cadre de cette vaste entreprise on notera qu'Herodote rapporte que les Perses, en guerre avec les Scythes, n'avaient pour monture que des ânes, animaux inconnus alors en Scythie. A peine les deux partis en furent venus aux mains, qu'animés par la chaleur du combat, les ânes se mirent à braire avec véhémence. Ce cri général et inattendu jeta l'effroi dans le cœur des Scythes et de leurs chevaux : débandade générale, course poursuite et annihilation totale de l'armée des Scythes.

Au Casablancasylum on prêche la passivité face aux problèmes quotidiens, illustration :


Si nous en croyons les anciens auteurs, les propriétés de l'âne sont infinies : sa tête enterrée au milieu d'un jardin, le rend plus fertile, plus fécond; ses os pilés et bus avec du vin sont un contre-poison; la colle qu'on fait en Chine avec sa peau, délayée dans de l'eau tiéde, arrête les pertes de sang. Trois ou quatre gouttes de sang d'âne bues dans du vin, guérissent de la fiévre continue. Pline dit que l'eau qui reste dans le sceau après que l'âne ait bu, apaise les maux de tête; ses reins, ajoute le même auteur, guérissent d'un mal assez drole, l'incontinence.

mardi, août 28, 2007

A DES ANNEES LUMIERES


Super K ça te parle? Non non et non ce n'est pas une boite de céréales, plutôt une boite à neutrons.

Alors t'as pris l'habitude lecteur, tu sais que quand nos cervelles de babouins se ratatinent, on balance des images...

Aujourd'hui donc : Super Kamiokande

Et ne t'avise pas de nous bombarder de "c'est quoi?" "ça sert à quoi", nous on est là pour l'esthetisme, sa finalité tu la trouvera sur Wikipedia.

GET YOUR FREAK ON


Ci-dessus Etienne Dumont, critique d'art dans un journal de Genève est couvert de tatouages des pieds à la tête. Sur le dessus de son crâne, deux implants de silicone forment des cornes de chitane, son nez lui est transpercé par un morceau de plexiglas et ses oreilles sont quant à elles percées d'anneaux de plastique d'un diamètre de quelques 6 cm.
Bien, et on veut en venir où exactement?
Un des problèmes majeur décelé par les fins limiers du Casablancasylum touche à l'ultra-conformisme de la jeunesse marocaine. Comme vu précédemment dans l'un de nos micro-post sur la frime, pas moyen pour le citoyen lambda de sortir de son look Dolce Gabbana, jeans Diesel, lunettes de ptite frappe italienne, et on en passe et on en passe. Tristesse et misère du paysage vestimentaire casablancais. Surtout ne pas sortir du troupeau, rester dans la meute, singer les happy-fews et avec un peu de chance, passer pour l'un d'entre eux.
Diagnostic sans appel au Casablancasylum, le jeune mâle casablancais souffre d'un manque flagrant de confiance en soi, et d'un besoin de reconnaissance et de gratification par la marque (the brand, if you prefer)
Voilà, tout celà est à peu près aussi lamentable que le post du jour, un truc digne d'un skyblog...
end of communiction

MORT AUX CHIENS INFIDELES


Yeah yeah yeah c'était hier, un fada fanatisé nous adresse notre premier commentaire haineux, extrait :

"De toute façon,le nombre de ces "barbus" comme vous les appelez est en constante croissance et un jour ils auront votre peau hhhhhhhhhhhh
Vous en êtes réduits à faire de la propagande, et que vous le vouliez ou non, vous êtes en train de perdre."

A cette occasion le Casablancasylum toujours soucieux d'apporter à son lectorat une écoute quasi maternelle et une plateforme d'expression pour vos aigreurs, le Casablancasylum donc, inaugure aujourd'hui son nouveau département "Réclamations, insultes, et menaces de lapidation".
Merci à tous les psychorigides du bulbe de déposer leurs intentions de mise à mort sur ce message.

dimanche, août 26, 2007

L'AFRIQUE FANTOME


Une fois encore les bonobos du Casablancasylum fixent le plafond, faisant voltiger leurs fantasmes africains...

... là bas c'est sûr, loin des rigueurs du dogme du désert...

...en territoire animiste...

les superstitions se colorent sous le souffle de l'esprit de la boite à chaussure...

... esprit bantou, esprit du cailloux...

...

jeudi, août 23, 2007

OBJECTIF MOU


Service minimum au Casablancasylum. Mercredi, journée du mou oblige. Un extrait de notre manuel de survie en environnement mou : La Métaphysique du Mou.
Aujourd'hui : Le Paradigme du Sein

"J'ai gagné 3000 frans à la Loterie nationale. Je suis allé au claque fêter ça et j'en suis revenu troublé. Le sein féminin est également un bon paradigme pour illustrer les variations de la mouité, enfin dans une certaine mesure.
Emilienne, vu son âge, propose du mou-mou, et encore, pas beaucoup. On dirait des oreilles de cocker (sans les poils, toutefois). Zoé, si je me souviens bien, allie des tétons quasi durs à des globes quasi mous. le tout en abondance. Il est difficile d'intégrer la variante "quasi mou" dans le concept de la mouité, mais enfin, la chose existe.

je me suis fait l'observation que la vue jouait un rôle tyrannique dans les théories de la perception. Les tromperies des sens sont modélisées par les illusions d'optique depuis la plus haute Antiquité. Le toucher est peu sollicité, alors qu'il ment moins. Certes un aveugle peut confondre le sein de Zoé et une demi-mimolette, mais un instant seulement, ce qui ne pèse pas lourd et n'autorise pas l'appréhension cataleptique.

En ce qui concerne l'appréhension de la mouité (et son exploration), le geste philosophique complet est : le tripotage."

mardi, août 21, 2007

ABSTRACTION IN OCTOPUS




BLOOP


Bloop...... Bloop...... Bloop.....
C'est quoi ce son?
Ah je te le demande lecteur!
Enregistré à plusieurs reprises durant l'été 1997 par la National Oceanic and Atmospheric Administration, le Bloop est un son d'ultra-basse fréquence dont l'origine demeure à ce jour encore inconnue. Les scientifiques spéculent, collectionnent les hypothèses, et, au final, continuent à raisonner comme des brouettes, à déverser leurs carambistouilles et à conclure par origine inconnue, inconnue...
Inconnue... Pas pour les macaques du Casablancasylum, ah ça non.
Ici tout le monde sait que ce bloop n'était autre qu'une vocalise du monstre mythologique que les humains reconnaissent sous l'appellation d'origine contrôlée : le Kraken! Et les bourriques à deux trous qui prétendent le contraire n'ont qu'à quitter ce blog, et fissa!



Umh? Pardon? Comment ça tu n'es pas satisfait? Tu attendais ton post sur la rajelité! Mais on est encore lundi mon petit frère, fallait bien nourrir la pieuvre. Car, et ça ne t'aura pas échappé : le kraken est une pieuvre, un calamar géant, tout le monde l'a vu sauf toi qui passe ton temps à lire et relire les archives du Casablancasylum! Tout le monde l'a vu disais-je (t'as qu'à t'informer un peu) de Pline l'Ancien à Olivier de Kersauson ce vieux pochtron.

lundi, août 20, 2007

POUR UNE DEFINITION DE LA RAJELITE


La rajelité c'est quoi? Très bien lecteur je vois que tu ne manques pas de perspicacité, car il est vrai que le mot ne figure dans aucun dictionnaire répertorié. Rajelité : (de "rajel", le mâle) concept tordu déclinant une série d'impératifs (la moustache, le grattage de testicules en public, etc...) propre à affirmer sa masculinité. La rajelité c'est la virilité version sud de la méditerrannée et c'est le sujet actuellement à l'étude au Casablancasylum.
A bientôt pour notre la grande synthèse.

LES TENTACULES DU LUNDI



Juste histoire de dire qu'on a de la suite dans les idées...

samedi, août 18, 2007

MOROCCAN PSYCHO


Pour ceux qui n'aurait pas encore lu l'American Psycho de Bret Easton Elis je recommande une journée à Casablanca. Pas pour les tueries trash non? Rien à craindre de ce côté là, non... Pour la frime bébé ! Les marques ! Ici t'en voit défiler en une minute autant que dans trois chapitres du thriller américain.

le phénomène de mode : un concept très relatif. Ici le standard luxembourgeois.

Ah la frime, tout un mode de vie, une raison d'être, une mission infinie.
Le Larousse définit la frime en ces termes: “Apparence trompeuse destinée à faire illusion ou à impressionner les autres, pour étonner, pour se rendre intéressant, en apparence seulement”. Est-ce nécessaire d'en rajouter?

le cigare, incontestable signe extérieur de richesse


portable, cigare, lunettes signées, grosse cylindrée, et un art de la conversation s'y rapportant. Le nec en la matière, le must du must, le truc pour bien affirmer votre pouvoir, le Casablancasylum va vous le révéler : lorsque vous êtes à la terrasse d'un café, dans votre conversation, placez discrétement un chiffre rond et himalayesque, comme quatre million deux cent cinquante mille dirhams! le tout sur un mode dit "allegro vivace". Cette pratique très répandu sur les terrasses de Casa risque, il faut tout de même le reconnaitre, risque de manquer un peu d'effet car très employée ces derniers temps. En revanche si vous vous balladez dans le Moyen Atlas ou à Souk EL Arba, allez-y de bon coeur ça devrait faire mouche.

de l'autre côté de la méditerranée : la frime à la française... bcp plus épurée.

jeudi, août 16, 2007

PAR DELA LE BIEN ET LE MOU


Achevé ce soir à 21h47 la lecture de "La Métaphysique du Mou", manuel néopataphysique d'un certain Jean-Baptiste Botul, édité en 2006 aux éditions des Mille et Unes Nuits. Encore en état de choc, l'équipe entière des sursinges du Casablancasylum s'accorde à élever l'ouvrage et ce sans plus attendre, au rang de livre sacré, ainsi, à compter de ce jour le Mercredi sera entièrement consacré à l'étude du mou sous toutes ses formes.
En attendant mercredi prochain nous vous abandonnant malicieusement à l'univers botulien en commençant par un concept clé qu'il te faudra, lecteur rapidement maîtriser : le paradigme du fromage.
"Dans les morales antiques, mou et corrompu sont quasi synonymes. La vertu est rigide le vice est mou. Le mou cependant, autorise une appréhension plus subtile de la substance. Et il y a certainement autant d'Etre dans un flanc aux oeufs que dans un os de poulet. Ou alors quoi? Prenons en exempe le fromage : le caillé (ou la cancoillotte) a-t-il moins d'Etre que le comté (ou pour atteindre le meilleur degré de dureté, une très vieille mimolette)? Rien n'est moins certain."

"Le passage du dur au mou est aussi naturel (et observable) que celui du mou au dur. La chaleur dans un sens, le froid dans l'autre semblent intervenir comme des facteurs importants. Mais non décisifs, ni universaux : l'oeuf durcit à la chaleur, tandis que la cire fond, ainsi que la finement remarqué Descartes, et le museau-vinaigrette se ratatine. Le melon s'amolit en mûrissant, mais point trop. L'état final, comme pour le camembert, est, en fin de compte, une putréfaction liquide. Il est néanmoins précédé, comme pour le camembert, d'un état que je nommerai "la mouité idéale" -faute de mieux. La remarque vaut pour le coulommier et le pont-l'évêque."

mardi, août 14, 2007

MAREE HUMAINE

On connaissait les invasions des criquets pélerins, mais qui aurait soupçonné un pareille menace? Est-ce donc ce à quoi on se réfère lorsqu'on évoque le péril jaune?

LA GUERRE DES SINGES


Dans vos magazines fétiches on les appelle les militants, les radicaux ou encore les zélés, les extrémistes, au Casablancasylum on les surnomme les agités de la soutane, les culs-bénits, les barbes à poux, les fossoyeurs, les flippés du culte, les enrhumés du chapeau, bref tous ces mecs dont la cervelle grésille comme un vieux transistor et qui se tortillent dans leur obsession de pureté, leur manichéisme primaire du licite/illicite en rêvant de guerre sainte ou d'un monde débarassé de toute cette modernité malsaine, impure et pervertie.

Toi aussi, milite dès aujourd'hui pour une production à grande échelle d'ustentiles favorisant un retour à l'ordre moral.

Cette fois c'est CNN qui s'y colle, avec trois reportages de deux heures couvrant l'extrémisme qui sommeille dans chacun des trois monothéismes. Au programme : les martyrs de l'islam, les prêtres guerriers aux US ou encore ces siphonnés qui retirent leurs enfants de l'école publique pour leur enseigner la création Bible style, ou encore les colons juifs qui parlent de peuple élu et voit leur colonisation comme une mission divine. Bref, une joyeuse déconnade dont tu trouveras le pitch (pourri, eh ça reste un reportage made in CNN...) ci-dessous.

De son côté, le Casablancasylum continue ses expérimentation pour déterminer précisement le contenu d'une cervelle d'extremiste. Les résultats vous seront communiqués ultérieurement. Merci de votre patience.