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mardi, août 14, 2007

LA GUERRE DES SINGES


Dans vos magazines fétiches on les appelle les militants, les radicaux ou encore les zélés, les extrémistes, au Casablancasylum on les surnomme les agités de la soutane, les culs-bénits, les barbes à poux, les fossoyeurs, les flippés du culte, les enrhumés du chapeau, bref tous ces mecs dont la cervelle grésille comme un vieux transistor et qui se tortillent dans leur obsession de pureté, leur manichéisme primaire du licite/illicite en rêvant de guerre sainte ou d'un monde débarassé de toute cette modernité malsaine, impure et pervertie.

Toi aussi, milite dès aujourd'hui pour une production à grande échelle d'ustentiles favorisant un retour à l'ordre moral.

Cette fois c'est CNN qui s'y colle, avec trois reportages de deux heures couvrant l'extrémisme qui sommeille dans chacun des trois monothéismes. Au programme : les martyrs de l'islam, les prêtres guerriers aux US ou encore ces siphonnés qui retirent leurs enfants de l'école publique pour leur enseigner la création Bible style, ou encore les colons juifs qui parlent de peuple élu et voit leur colonisation comme une mission divine. Bref, une joyeuse déconnade dont tu trouveras le pitch (pourri, eh ça reste un reportage made in CNN...) ci-dessous.

De son côté, le Casablancasylum continue ses expérimentation pour déterminer précisement le contenu d'une cervelle d'extremiste. Les résultats vous seront communiqués ultérieurement. Merci de votre patience.

mercredi, février 21, 2007

POP CORN JESUS



Repentez vous lecteurs, car le royaume des cieux est proche ! Et dans sa magnificence, l'incrée envoya au révérend Larry G. Deitch la 666ème révélation : "ton office, en plein air tu dispenseras, tes serments sur 88,5 FM tu diffuseras, et les fidèles par milliers tu recevras".
Et Larry G. Deitch, révérend de la paroisse de Daytona Beach, fallait pas lui en chuchotter plus, tout gosse déjà il adorait sécher le cathé pour le ciné en Drive-In.


Dans le même registre on trouvera aussi, cette fois du côté de Tustin, California, le "prayer booth" que notre département "brouillage et décryptage" nous a traduit par la formule "stand de prière".


Et où l'automobiliste en mal de paraboles pourra, et ce sans grande dépense d'énergie, se faire liturgiser la tronche, le cul posé sur le cuir de son Oldsmobile.


Glory to you, Jesus-Jack

mercredi, janvier 24, 2007

L'ETERNEL RETOUR


























Good news guys! Pour les rares qui nous suivent et qui connaissent nos désormais dépassés déboires, we back and kicking !

samedi, décembre 30, 2006

CITE IDEALE




















"Pour le dire de manière simple, oui, je suis Jésus-Christ. Ce qui a été promis doit arriver. Et on a promis en Israël il y a 2.000 mille ans que je retournerais pour conclure ce qui a été commencé "
Serguei Torop.

Alors qu'on rêvassait en regardant une abeille se noyer dans notre verre de thé, l'illumination se fit. Casablancasylum se devait d'offrir à son lectorat quelques information sur un nouveau refuge pour ceux désireux de fuir la civilization est surtout de se la couler tranquille en oubliant définitvements horaires de travail, responsabilité sociales, et toute formes de statut pouvant découler de ces derniers.
Alors évidemment on connaissait déjà Auroville... Mais si! Vous savez... la ville utopique près de Pondichery en Inde : La Cité Universelle?

Toujours un bon plan pour qui voudrait abandonner son bureau parisien pour une hutte en terre cuite. Et oubliez ces fastidieux dossiers pour s'initier aux secrets de la fabrication du fromage de brebis. Mais le climat est un peu trop humide et on lui préfèrerait la rigueur du blizzard de Sibérie. Ca tombe bien on comptait vous y emmener.
Car c'est bien en Sibérie qu'on a dénicher la communauté du jour, celle de Sergei Torop, ancien flic de carrefour, reconverti en... Jesus Christ. Rien que ça? ... oui oui, rien que ça.
C'est en 1990 alors agé de 29 ans que Sergei reçoit sa révélation : il est Djizus Bloody Chraïst!


Facile donc pour ceux d'entre-vous qui projeteraient se mettre au vert de prétendre avoir reçu une révélation de se déclarer réincarnation de Paul, Luc ou Maria Magdalena et d'intégrer fissa la communauté de Sun City, qui compte déjà plus de 4000 fidèles résidents.
Evidemment c'est pas tout les jours bizance vu que l'illuminé verse souvent dans l'apocalyptique, et qu'au début on s'embrouille toujours un peu avec les dates (selon le calendrier de la communuté nous sommes aujourd'hui en 45 après Sergei, et le Noêl est fêté le jour du 14 Janvier date d'anniv de Serguei) mais les amateurs de pêche à l'esturgeon seront ravis d'apprendre qu'on compte de nombreux lacs à proximité de Sun City.

Bjorn Borg? Non, essaie encore...

Nous ce qu'on vous conseille surtout c'est de ne pas faire l'impasse sur une visite de son site web. Pas même besoin de tutoyer le cyrilique pour y prendre un réel plaisir, en particulier grâce aux incomparables galeries photographiques des prêches buccoliques ou enneigées de ce Raspoutine d'arrière boutique : Messie Sibérie

mercredi, décembre 27, 2006

NAISSANCE D'UNE ANTI-TRAGEDIE


















Quoi de plus fondant qu'une bonne histoire de religion... pas d'accord? Ici, perso, on adore.
Vous connaissiez donc par ordre d'apparition : le judaïsme, la christianisme et l'islam, nous aujourd'hui, celle qu'on vous voudrait vous présenter à déjà un nom qu'on pourrait croire droit sorti de la cervelle d'un publicitaire cocaïné : le Culte du Cargo. Ouais, rien que ça.
La religion du Cargo, n'a qu'une petite soixantaine d'année (les dates sont pas bien claires) d'où son absence de rayonnement dans le monde. Enfin... jusqu'à ce que naisse Casablancasylum, fer de lance discret de la nouvelle offensive spirituelle du Culte du Cargo.

L'humidité est oppressante dans la région où sévit le Culte, la chaleur aussi. Au sol une plage de sable noire, celle de la baie du Sulphur, plage hantée dormant sous la menace du volcan qui la surplombe. Végétation luxuriante, bananiers, palmiers et papous nus pieds. Ici les missionnaires n'auront pas su empapaouter l'autochtones avec leurs sornettes judéo-chrétiennes, et le prophète ne s'appelle pas Jesus mais John Frum.


John Frum, pour les habitants de la baie du Sulphur, John Frum est le fils de Dieu. Oh j'en vois déjà qui sourcillent, se tortillent, se fanatisent. Doucement... on a pas encore fini notre voyage.
John Frum est une sorte de malésien noir, mais aussi parfois blanc, pour certains un GI noir-américain. John Frum est aussi le dieu du volcan, avec son armée de morts qui vivent sous le cratère, et qui apparaissent en rêves aux hommes du villages quand on les retrouve allongés intoxiqués au kava.


Sa première apparition sur l'ïle remonte au temps de l'ordre colonial anglais, à l'époque les anglais crurent qu'il s'agissait de l'un des hommes de la tribu lacustre. Ils en arrêterent certains pour les clouer au pilori, au milieu du village. Mais cela ne fit qu'apporter à la croyance ses premiers martyrs et John Frum continua de réapparaître.

Croyance exotique que ce culte du cargo qui intrigua nombreux anthropologues. Car le Culte n'est pas propre au village de Sulphur, tout autour de la Mélanésie, de la Nouvelle Guinée aux îles Salomon des dizaines de communautés sans aucunes connexions, ne partageant pas la même langue, génèrent spontanément le même corpus de croyances bizzaroïdes.
Et comme chaque culte est toujours étroitement lié à l'environnement qui l'a vu naître, on aura vite compris que le prophète des ces différentes communautés n'était autre que le missionnaire de jadis, l'homme blanc qui débarquait trainant avec lui ses malles et ses colis de vivres.


Et il apparut vite que ces cultes étaient fondés sur une croyance selon laquelle les marchandises occidentales – dites cargo – n'étaient pas des produits de l'industrie humaine mais devaient avoir une origine divine. Ces cultes reposaient sur un mythe expliquant comment les produits européens étaient inventés par une divinité – créée pour l'occasion – et comment les Mélanésiens pouvaient obtenir ces biens par l'intermédiaire de leurs ancêtres, en devenant les fidèles d'un chef du cargo. Celui-ci avait reçu de cette nouvelle divinité les rites censés permettre l'obtention des biens considérés. Ce système était si souple que, lorsqu'une interprétation du mythe se trouvait ne pas faire venir les biens attendus, elle pouvait être immédiatement remplacée par une autre ; les adeptes de ces cultes considéraient en effet que l'inefficacité de leurs actions ne provenait pas de leur inadéquation avec la réalité mais du fait qu'ils n'avaient pas su respecter l'ensemble des rites religieux indispensables à l'arrivée du cargo.

Un exemple célèbre en est d'ailleurs donné en la personne de Peter Lawrence. En 1949 cet anthropologue australien embarque pour la Nouvelle Guinée bien décidé à revenir avec un joli rapport sur les relations sociales dans les tribus de l'île. Mais rapidement il s'aperçoit que sa présence fait naître une nébuleuse de superstitions, des rumeurs avancent qu'un cargo arrivera bientôt débordant de viande, de riz, de tabac, et de machines pour faire de l'électricité. Quand il demande alors qui envoit ce cargo il s'entend repondre "Dieu, au ciel".


Aujourd'hui le culte du cargo gronde encore sur le sable obsidien des côtes guinéennes. Sur l'île Tanna, on le célèbre en parades pataphysiquement militaires. Là des jeunes hommes défilent au rythme de sourdes percussions. Sur leur torse des initiales peintes en rose. U S A. Ils avancent, fiers, dressant un bambou sculpté et peint en rouge sur leurs épaules. Ils avancent en rang, pas très convaincant mais avancent. Soudain ils se fixent, silence. Un homme hisse un drapeau, celui des US Marines, puis un autre, cette fois il est aux couleurs de la Georgie redneck.


Puis le bruit rejailli, les sifflets les tambours les grosses caisses les cris cadencés de la foule, et l'armée regagne la forêt.

Ailleurs on a vu des tribus plus évoluées préparer d'improbables pistes d'atterissage, édifier d'affolantes tours de contrôle en vue d'un prochaine attérrissage, et on passe donc du culte du cargo au culte des aéroplanes, c'est les désastres aériens qu'évoque Gainsbourg dans sa version musicale du Cargo Cult, extrait :

Je sais moi des sorciers qui invoquent les jets
Dans la jungle de Nouvelle-Guinée
Ils scrutent le zénith convoitant les guinées
Que leur rapporterait le pillage du fret

Sur la mer de corail au passage de cet
Appareil ces créatures non dénuées
De raison ces papous attendent des nuées
L'avarie du Viscount et celle du Comet

Et comme leur totem n'a jamais pu abattre
A leurs pieds ni Bœing ni même D.C. quatre
Ils rêvent de hijacks et d'accidents d'oiseaux

Ces naufrageurs naïfs armés de sarbacanes
Qui sacrifient ainsi au culte du cargo
En soufflant vers l'azur et les aéroplanes.


Etrange mais bien réel voyage, et non non non ceci n'est pas encore un de nos délires hallucinatoires chroniques..... mais que voulions nous dire en débutant cette histoire... notre propos nous échappe, c'est bien pour celà qu'on nous a enfermé dans ce casablancasile de fous neuropsychodramatiques. Et on nous appelle déjà... bye now.

FUNEBRES RAPACES

















Aujourd'hui lecteur, on grimpe. C'est qu'à force de vivre au niveau de la mer, niveau zéro, on suffoque sous l'épaisseur des atmosphères Essayons donc de gagner en apesanteur et dirigeons nous vaillament vers les terres de Litang, une province tibétaine où le sol, glacé par les vents, n'offre pas aux habitants la possibilité de le creuser pour y enterrer leur morts.
Dans cette zone du Tibet, les morts sont donc livrés aux vautours depuis plus de 5000 ans, rite immémorial introduit par les nomades du temps du regretté Zarathoustra.
Ainsi, le cadavre sera donc dévétit, rasé, et dépecé. Une fois le festin fini, reste evidemment l'ossature. Qu'à celà ne tienne, le rite est exhaustif. Le prêtre va alors broyer les os et écraser le crâne à l'aide d'un marteau et mélanger le tout avec de la farine afin que les oiseaux terminent leur travail.


Une fois l'integralité du corps ingéré et porté dans l'azur, peut-on considéré l'âme du défunt comme définitivement sauvé. A l'inverse, si les rapaces laissent derrières eux quelques lambeaux de peaux on considérera l'incident comme un assez mauvais présage.

lundi, décembre 11, 2006

SANTA IS BACK




















Humanoïd de bénitier, sursinge de sacristie, Noël approche et tu te demandes sûrement quoi mettre sous le sapin cet hiver.
Arrête de t'ulcérer les entrailles mon fils, mon petit mon frère... Casablanca Asylum est là pour t'épauler dans ces moments difficiles et tu devrais le savoir.

Ainsi, tes jeunes rejetons pourront grace à ce modeste kit de crucifixion, revivre comme s'ils y étaient, la Martyr Pride du Mont des Oliviers.



Ta femme vit macrobiotique, et ne jure que par les oméga3, qu'à cela ne tienne, Casablanca Asylum ne l'oublie pas et te propose :



Ou, si, weightwatcherisée, elle tourne au coupe-faims et autres subsituts alimentaires :



Enfin, pour grand-mère qui sentant la mort venir s'abime en génuflexions du soir au matin sous le regard agonisant de son Christ en porcelaine :



Et par pitié, le soir du reveillon, hola après la troisième bouteille de gros rouge, sans quoi la messe de minuit...

dimanche, décembre 10, 2006

SUPERMOINE

MEN ARE FROM MARS...

Une explication limpide, graphique et concise de ces petites différences qui nous séparent encore nous, sur-mâles tout-puissants, de nos femelles ultra-légères hystériques.



enfin, pour approfondir notre reflexion et conclure :

dimanche, décembre 03, 2006

TENTATIVE DE SABOTAGE DANS LA MATRICE
























Zoom avant sur l'édito du Tel Quel de cette semaine où l'infatigable Ahmed Benchemsi

nous régale une fois encore.

samedi, décembre 02, 2006

DIONYSOS A L'EGLISE

Atavisme chamanique, contines pour enfants mise en dogme, hypnose de groupe, superstitions monotheistes, transes collectives, vous commencez à nous connaitre, nous on adore.
Ainsi, en ce dimanche saint, nous vous offrons aujourd'hui six minutes de "saint rire", live from the Pentacostal Church.
Attention ceci n'est pas un canular de plus, il s'agit bel et bien d'un mouvement très sérieux initié par le pasteur Kenneth Hagin et représenté dans de nombreuses églises pentecôtistes à travers toute l'Amérique du Nord. L'audience grogne, rugit, électrisée par le rire démoniaque de "Papa Hagin", on se tord, on s'abandonne en spasmes épiléptiques, certain disent connaitre de saintes érections ("holy erections"), et il arrive souvent qu'à la sortie des offices, les fidèles, toujours en proie à leur éthylisme mystique soient dans l'incapacité de prendre le volant de leur véhicules :

Allez tous ensemble !!!


jeudi, novembre 30, 2006

PARADISE NOW !

Poursuivant notre entreprise d'évangélisation des masses, nous vous offrons aujourd'hui un document inédit, bien au dessus des usuels témoignages genre NDE (Near Death Experience)... non! Nous vous apportons aujourd'hui la preuve irréfutable de l'existence du paradis chrétien, avec en bonus quelques petites astuces à connaitre sur le réglement intérieur de l'endroit.
Repentez vous mécréants, il en est encore temps.



Paradise now
Vidéo envoyée par raspoutine6666

mercredi, novembre 29, 2006

RESURRECTION SOUS ACIDES

On aurait pu penser que pour sa troisième resurrection, Jésus aurait choisit d'apparaître une heure avant le début du sabbat (comme pour la première, la mieux orchestrée des deux selon nous) et non, ce schmeuck choisi un mardi... et on va s'étonner qu'il se prenne les pieds dans le tapis.





De l'argentin :
Javier Prato

vendredi, novembre 24, 2006

LAST EXIT TO PARADISE











Mécréants du monde occidental buvez notre bonne parole, l'athéisme de vos sociétés post-religieuses vous conduira dans un Enfer bien pire que celui de Dante, alors préparer vos chaussures de randonnées les plus robustes car là haut les braises sont ardentes et gare à vos orteils.
Mais tout n'est pas perdu, Casablanca Asylum, vous assiste et vous guide vers le lumineux chemin de votre rédemption.
Ainsi pour tout ceux désireux de renouer avec la foi universelle du monde chrétien, nous vous proposons une méthode des plus ludique pour dépoussièrer votre ignorance crasse : La Bible en Légos



Retrouvez y les plus célèbres épisodes de la série du désert : Moise et son buisson ardent :



La boulette impardonnable d'Eve la gourmande :



Ou encore l'enfant Moïse lachement laché sur les eaux du Nil :

jeudi, novembre 09, 2006

I'VE GOT YOU, UNDER MY SKIN










Check this out ! Génial pour se la jouer à la sortie de la megachurch.

Religious Tattoos

mercredi, novembre 08, 2006

JESUS FROM DA HOOD



En Allemagne, de nouvelles traductions plus ou moins heureuses de la Bible voient le jour, avec la volonté affichée de dépoussiérer le texte.
Dernière en titre, la "Bible dans une langue juste" (Bibel in gerechter Sprache) a pour ambition de redonner aux femmes la place qu'elles méritent dans le texte sacré.

Dans la version élaborée à partir de l'hébreu et du grec par 52 spécialistes de la Bible (dont 10 hommes) en majorité protestants, Jésus s'adresse à ses "frères et soeurs", à ses "prochains et prochaines", et interpelle les "pharisiens et pharisiennes."
Il n'est plus le "fils" mais "l'enfant" de Dieu. L'appellation "Seigneur", trop virile, est abolie au profit de "Dieu", ou "l'Eternel" voire "l'Eternelle."
Par contre, cette traduction évoque "le diable" mais ne fait pas mention d'une quelconque "diablesse", relève avec un rien de perfidie le théologien Jens Schröter, dans le magazine Der Spiegel.

Le débat qui a entouré la sortie de cette Bible féminisée n'est cependant rien comparé à la polémique suscitée par la "Volxbibel" (Bible du peuple) de l'excentrique pasteur indépendant Martin Dreyer :

"Je me suis demandé quelles images Jésus utiliserait aujourd'hui", explique l'ancien étudiant en théologie.

Le résultat? Jésus fait un "comeback" plutôt que de ressusciter, et multiplie les "hamburgers" plutôt que les pains. Dans la parabole dite du "fils prodigue", le héros de l'histoire dilapide son héritage dans les boîtes de nuit et se retrouve à "nettoyer les toilettes chez Mac Donald's."



Vénal comme on est chez Casazylum et flairant l'opportunité, on planche déjà sur une version black du holly book, avec Lil Kim dans le rôle de Marie-Madeleine, Snoop Dog, ses gangbangers et ses biaïtch pour la nouvelle Sodome, Marcus Garvey en Moïse, Chris Rock dans les scandales du prophète à piercings et les Roots en rois mages démultipliés. Et si quelqu'un pouvait ressusciter Basquiat... parce qu'on a toujours pas trouvé d'illustrateur officiel.

vendredi, octobre 20, 2006

AGENT PATHOGENE



Surprise ce matin à la lecture du Magazine Tel Quel (organe de presse marocain indépendant, moderne et inclinant vers la laïcité). Surprise donc à la lecture d'un article s'étonnant que Tariq Ramadan ait été interdit de séjour aux US. Ramadan c'est comme Le Pen, la presse devrait s'abstenir de relayer son quotidien et passer sous silence ses sorties médiatiques et "livresques" d'ailluers ici on lui dédie ce billet et après on le range dans sa petite boite à intransigeances.
Pour ceux qui se laisseraient encore bercer par les discours nappés de sucre glace du frangin tarik, checkez bien ce lien :


http://www.prochoix.org/freretariq/elle.html/


vous devriez rapidement y voir plus clair.

samedi, septembre 30, 2006

DANS L'AIR DU TEMPS



Cliquez sur l'iimage en bas du post et regardez-la bien. La couverture de ce livre est illustrée par un détail de Muhammad au quatrième ciel réalisé par un peintre de Hérat (Afghanistan) au XIVe siècle. Le document a été obtenu par l'éditeur auprès de la BNF. Examinez maintenant de plus près les deux images figurant sur le rabat du livre : dans la première, le prophète Muhammad reçoit la première révélation de l'ange Gabriel lequel lui demande de lire au nom de Dieu même s'il ne sait pas lire ; la seconde évoque l'Annonciation faite à Marie. Elles sont très proches. Le prophète était représenté là pour la première fois en peinture : la scène fonde le mythe islamique. Il s'agit d'enluminures extraites de La Somme des Chroniques (1302) de Rashid ad-Din. L'auteur de Contre-Prêches tenait à ce qu'elles fussent publiées plutôt en couverture mais la bibliothèque de l'université d'Edimbourg qui en possède les droits s'y est fermement opposée. En rabat à la limite, mais pas plus. C'est que la réception du Verbe par Marie engendre le corps, celle du Verbe par Mohammed engendre le Livre, et que celui-ci se retrouve être ainsi une forme d'incarnation. Nos contemporains musulmans n'admettent pas cette image. Une institution européenne, qui a probablement assimilé le principe de précaution jusqu'à l'absurde, l'a donc censurée par crainte de susciter leur colère. Par anticipation alors que nul n'avait encore rien exigé de tel, et pour cause ! Affligeant. Si je me suis attardé sur ces détails, c'est qu'ils reflètent bien l'esprit de Contre-prêches (504 pages, 25 euros, Seuil), recueil de chroniques de l'écrivain Abdelwahab Meddeb, diffusées chaque semaine depuis mars 2003 à Radio Méditerrannée Internationale -Médi 1 qui émet depuis Tanger. Ils sont également un inquiétant reflet de l'air du temps en Europe : hier encore, la presse allemande bruissait de "l'affaire Idoménée", l'opéra de Mozart monté au Deutsche Opera de Berlin ayant été déprogrammé par craintes de représailles de fondamentalistes musulmans, ceux-ci étant supposés voir une provocation dans la présentation à la fin de la pièce par le metteur en scène Hans Neuenfels des têtes coupées de Mahomet, Poséidon, Jésus et Bouddha :" "Ce ne sont pas ceux qui vivent dans la foi islamique qui me font peur. Ce sont ceux qui veulent nous faire avoir peur de la foi de ces gens qui me font peur" a déclaré le metteur en scène, tandis qu'un éditorialiste commentait : "Le combat des cultures que nous vivons est particulier : c'est une lutte de notre culture libérale avec elle-même (...) Ailleurs dans le monde, des gens sont décapités. A l'opéra, on ne décapite que des poupées. C'est ça la civilisation." En la circonstance, on ne saurait mieux dire que l'un et l'autre.

Comme le veut la loi du genre, les chroniques rassemblées dans Contre-prêches sont d'un intérêt inégal, les plus érudites, philosophiques, historiques et sociologiques étant plus profondes et nécessairement moins datées que celles consacrées à l'actualité (Saddam Hussein, les Américains en Irak...). On y comprend bien que pour l'auteur, si l'islamisme est bien "la maladie de l'Islam" (expression qu'il a lui-même lancée il y a quelques années en titre d'un essai retentissant), et qu'il n'est donc pas sans rapport comme on voudrait le faire accroire, "les germes sont dans le texte". Le vibrant plaidoyer de Meddeb, écrivain et poète, pour minoritaire qu'il soit, convainc dès la fatiha de son recueil, sa "sourate" d'ouverture si je puis dire. Il y appelle à un travail d'anamnèse par la rediffusion de "saillies que le sens commun, encadré par la voix de docteurs grégaires et des militants sanguinaires, s'acharne à refuse, à nier, pour rester fidèle à un dogme rétréci par les interdits que dicte la censure, privant la sensibilité et l'ethos islamiques des finesses et des sophistications que les téméraires de leur propre tradition ont produites". Ce n'est donc pas un hasard si l'auteur voulait placer son essai sous l'égide de cette icône, même s'il ne doutait pas que nombre de ses coreligionnaires y verraient un blasphème, une nouvelle preuve de la désinvolture des néophytes, une innovation condamnable "la bid'a, cette notion qui a constitué l'arme de la clôture théologique dont les gardiens du temple ont usé et abusé au point d'assécher leur religion et de la transformer en une entité sotte et détestable". Loin, très loin de cet Islam des Lumières que Meddeb le Voltairien voudrait réconcilier avec la raison libre et l'esprit critique. Ce serait une utopie si cet Islam là n'avait déjà existé, brillé et irrigué la civilisation occidentale en se faisant notamment le passeur de la pensée grecque. Ultime précision : ces Contre-Prêches ne sont pas des prêches.